AD444: Les Gabonais expriment leur insatisfaction des besoins d’éducation

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Dispatches
2021
444
Christian Wali Wali et Lionel Ossé

L’éducation est considérée comme l’un des secteurs qui fonde le développement d’un pays. Elle participe entre autres à la formation des populations et à la cohésion sociale d’une nation.

Malgré de grandes avancées lors des deux dernières décennies, les systèmes éducatifs africains garantissent difficilement un enseignement adapté pour l’insertion des jeunes dans le marché de l’emploi (Dilly, 2019). Au Gabon comme dans bon nombre de pays d’Afrique subsaharienne, les attentes en matière d’éducation demeurent énormes et représentent un véritable défi pour le gouvernement.

Le Gabon compte parmi les pays africains qui affichent un niveau de scolarisation élevé: 95.5% chez les garçons et 97.2% chez les filles (PNUD, 2021). L’importance que porte les gouvernants sur cette question est telle qu’au cours des 20 premières années d’indépendance, les efforts considérables déployés par le Gabon pour la mise en valeur de ses ressources humaines ont essentiellement été axés sur ce secteur (Matari & Quentin de Mongaryas, 2012).

Cependant, de nombreuses lacunes subsistent dans la qualité de l’éducation au Gabon. Ces insuffisances ont conduit le gouvernement à l’organisation des états généraux de l’éducation en 2010 et à la création d’une « task force » sur l’éducation en 2018. Malgré cela, le Président Ali Bongo Ondimba a reconnu, à l’occasion d’un discours à la nation, que « l’éducation est sinistrée » (Ndiaye, 2018). Ainsi, parmi les principaux problèmes de l’éducation, Mouissi (2018) souligne notamment le déficit infrastructurelle, l’absence chronique d’équipements et de matériels pédagogiques, la faible performance d’encadrement des élèves, l’insuffisance des allocations budgétaires, et les grèves récurrentes des enseignants et des apprenants. Il conclut que l’une des conséquences essentielles est la rallonge des années académiques au point que dans les universités publiques, les licences universitaires s’obtiennent en cinq ans au lieu de trois ans et les masters parfois en huit ans au lieu de cinq ans.

Les résultats de la dernière enquête Afrobarometer au Gabon montrent que malgré la couverture du pays en infrastructures scolaires, les Gabonais affirment leur insatisfaction quant à la réalisation des besoins en éducation. La majorité des citoyens soutiennent qu’il est difficile d’obtenir un service dans les établissements scolaires publics, et bon nombre affirment avoir offert un cadeau ou une faveur pour l’avoir.