AD437: Imposer le paiement des impôts- Une bonne partie des Burkinabè réticents, demandent l’équité

Welcome to the Afrobarometer publications section. For short, topical analyses, try our briefing papers (for survey rounds 1-5) and dispatches (starting with Round 6). For longer, more technical analyses of policy issues, check our policy papers. Our working papers are full-length analytical pieces developed for publication in academic journals or books. You can also search the entire publications database by keyword(s), language, country, and/or author.

Can't find a document?

As we work to upgrade our website, occasional technical issues may cause some links to break and some documents to be temporarily unavailable. If you're unable to find a specific document, please email snkomo@afrobarometer.org

Filter content by:

Dispatches
2021
437
Lionel Ossé et Ousmane Djiby Sambou

Confronté à des difficultés économiques dues à une dette extérieure trop pesante et à l’impact des récents chocs sécuritaires, le Burkina Faso se doit d’améliorer la mobilisation de ses recettes fiscales. Celles-ci sont en effet clairement inférieures à celles des autres pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) (Fonds Monétaire International, 2019). Ainsi, comme dans d’autres pays, ces ressources collectées permettraient de financer le train de vie de l’Etat ainsi que le développement socio-économique.

L’Etat burkinabè a consenti d’importants efforts, notamment pour le développement de certaines innovations telles qu’une version de la plateforme de téléprocédures e-Sintax. Celle-ci, élargie à tous les contribuables depuis février 2020, permet la télédéclaration et le télépaiement (LeFaso.net, 2020). Cependant, des questions liées à l’équité, à la transparence, et à la redevabilité du système du fisc restent posées et semblent alimenter une montée de « l’incivisme fiscal » dans le pays (CIFOEB, 2019; LeFaso.net, 2013).

Lors de l’enquête récente d’Afrobarometer, seulement une faible majorité des Burkinabè soutiennent le droit du gouvernement d’imposer le paiement des impôts et taxes. Cette proportion est encore plus faible chez les citoyens les moins nantis.

Les citoyens expriment un déficit d’informations aussi bien concernant le paiement des impôts et taxes que l’utilisation des recettes fiscales par le gouvernement. En effet, les Burkinabè sont favorables aux impôts et taxes si cela implique une amélioration des prestations de services de la part du gouvernement ou si les ressources sont bien utilisées pour l’auto-financement du développement du pays.

Ils estiment aussi qu’il doit y avoir de l’équité dans le paiement des impôts et taxes. Aussi bien les riches que les démunis sont d’avis qu’il faut imposer des taux plus élevés aux plus aisés afin de financer les programmes d’aide aux personnes défavorisées.

A la lumière de ces résultats, il se dégage que la légitimité d’imposer les impôts et taxes dépendra des réponses que le gouvernement apportera à ces perceptions citoyennes.