AD479: Plus d’unité que de division ? Au Cameroun, les avis sont partagés

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Dispatches
2021
479
Théodoret Fansi et Redford Mounkala

Le Cameroun est un pays riche en cultures et en traditions. Du fait de son histoire de colonisation, le Français et l’Anglais sont les deux langues officielles, faisant ainsi une des particularités de ce pays en Afrique. La diversité culturelle est la raison pour laquelle le pays est dénommé « l’Afrique en miniature » (Serra, 2009).

Cependant, cette diversité n’est pas toujours vécue comme source d’unité. En effet, ce qui est communément appelé aujourd’hui « la crise anglophone » a commencé à prendre de l’ampleur avec la grève des avocats et des enseignants anglophones dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest avec la motivation selon laquelle le gouvernement tente d’éliminer le système judiciaire du « common law » et l’enseignement en anglais (Chimtom, 2020). Or, selon cette même source, 20% de la population camerounaise est anglophone.

Ainsi, le pays est confronté depuis ces dernières années à l’instabilité ; le repli identitaire s'accentue progressivement et rend de plus en plus visible le doute sur le sentiment d'appartenance qui semblait jusqu'à hier invisible.

Dans ce contexte, dans quel système de représentation identitaire se place les Camerounais aujourd'hui ?

Les résultats de la dernière enquête Afrobarometer montrent que les Camerounais se réclament aussi bien de leur nationalité que de leur ethnie. La plupart des citoyens sont tolérants par rapport à des différences ethniques, religieux et nationales. Cependant, ils pensent qu’il faut rester méfiant vis-à-vis des autres.

Une légère majorité des Camerounais pensent qu’il y’a plus qui les unit que ce qui les divise, mais ce sentiment varie amplement selon les régions. Le sentiment de division accentué dans certaines régions est-il dû au conflit et aux perceptions de marginalisation ?

Ces données de l’enquête Afrobarometer informent et éclairent les décideurs politiques, l’opinion publique nationale et internationale et les acteurs de la société civile, et pourraient donc aider à l’élaboration de stratégies afin d’assurer une meilleure cohésion sociale des citoyens éliminant tout sentiment d’exclusion.