AD468: ARP: Les évaluations citoyennes avaient déjà tiré la sonnette d’alarme en Tunisie

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Dispatches
2021
468
Aboubacari Diallo et Imen Mezlini

Le dimanche 25 juillet, le Président de la République Tunisienne déclarait la suspension de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), la démission du chef du gouvernement et la levée de l’immunité parlementaire. Ces mesures font suite au bras de fer en cours depuis six mois entre le chef du Parlement, Rached Ghannouchi – aussi chef de file du principal parti, Ennahda – et le Président Kaïs Saïed qui paralyse le gouvernement et désorganise les pouvoirs publics. Alors que cette décision va à l’encontre du processus démocratique, elle a provoqué une liesse générale dans les rues (L’Orient-Le Jour).

Pourquoi ? Les perceptions et évaluations citoyennes avaient été précurseurs de la situation actuelle.

Le peuple tunisien a une perception négative de ses dirigeants politiques et plus particulièrement de l’ARP, selon la plus récente enquête d’Afrobarometer. C’est l’ARP qui est jugée l’institution de l’Etat la moins fiable et la plus gangrenée par la corruption. Très peu de citoyens pensent que les membres de l’ARP écoutent ce que les gens ordinaires ont à leur dire. Le manque de confiance du public n’est pas une nouvelle tendance mais date de depuis 2015, période avant laquelle la Tunisie était plongée dans une situation difficile – notamment avec une polarisation politique sévère, une tension sociale et une série d’attaques terroristes – qui s’est améliorée suite aux élections présidentielles de 2014.

Plus largement, les performances du gouvernement sont aussi pointées du doigt quant à sa capacité à créer des emplois, réduire les inégalités sociales et octroyer les services de base.

L’avenir comme le présent est sombre pour la majorité des répondants, la plupart désenchantés, s’attendant à une amélioration après la révolution mais en vain. Pour eux, la mauvaise situation économique du pays persiste, et le pays se dirige dans la mauvaise direction.