AD451: Les Sénégalais souhaitent un accès sans restriction aux réseaux sociaux, mais déplorent les fausses informations et les discours de haine

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Dispatches
2021
451
Mamadou Abdoulaye Diallo

Pour les défenseurs de la démocratie, la presse est l’institution non gouvernementale la plus indispensable et la plus redoutable (Girard, 2019). Selon eux l’accès à l’information est primordial pour permettre aux citoyens de s’informer sur l’actualité économique, politique et sociale afin de demander des comptes aux dirigeants élus.

Les Sénégalais utilisent divers moyens pour s’informer sur l’actualité, mais la radio et la télévision demeurent les médias de masse les plus populaires en raison de leur accessibilité et de leur portée. Toutefois, les médias numériques sont de plus en plus prisés par les citoyens.

L’essor des médias sociaux a bouleversé les interrelations entre les gouvernements et les médias. D’un côté les partisans du développement démocratique redoutent les initiatives du gouvernement visant à suspendre certains médias (Agence Ecofin, 2021) et à imposer des restrictions sur l’Internet (AITN, 2021). En revanche, le gouvernement évoque la diffusion des fausses informations et des discours de haine pour justifier ses mesures de restrictions. Toutefois, certains Sénégalais craignent que les gouvernants utilisent ces menaces pour réduire les libertés de la presse.

La nouvelle enquête d’Afrobarometer au Sénégal révèle que les citoyens sont majoritairement favorables à la liberté de la presse, au rôle des médias dans le contrôle des actions gouvernementales et à la capacité des réseaux sociaux à informer les populations sur l’actualité. Cependant, la majorité des citoyens considèrent que les médias sociaux facilitent la propagation des fausses informations et des discours de haine que le gouvernement devrait pouvoir proscrire sans pour autant restreindre l’accès à l’Internet et aux réseaux sociaux.

Cela traduit une situation d’ambivalence dans la mesure où la plupart des Sénégalais affirment vouloir des médias numériques sans restriction tout en soutenant la limitation des messages qu'ils considèrent potentiellement dangereux.