AD434: Les Nigériens font plus confiance aux prières qu’aux vaccins pour prévenir la COVID-19

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Dispatches
2021
434
Adamou Moumouni

Le Niger a recensé son premier cas de la COVID-19 le 19 mars 2020. En revanche, les autorités ont pris une série de mesures pour faire face aux conséquences de cette pandémie, en déclarant un état d’urgence sanitaire dans l’ensemble du pays (jusqu’au 11 juillet) et en fermant les frontières terrestres et aériennes du pays, les entrées et sorties de la ville de Niamey placée en isolement sanitaire, les écoles, les lieux de cultes, et d’autre lieux publics. Dans le même temps, un plan multisectoriel de préparation et de riposte contre la COVID-19 d’un montant de 1.438 milliards FCFA, soit 2,4 milliards de dollars américains, a été élaboré qui se structure autour de la gestion sanitaire de la pandémie, l’appui à la résilience du système éducatif, le soutien aux personnes vulnérables, et l’atténuation de l’impact économique, y compris le soutien aux producteurs du secteur agropastoral (Primature Niger, 2020).

Toutefois ces mesures n’ont pas toujours rencontré l’agrément des populations, qui l’ont exprimé à travers des manifestations de rue ou des prises de parole publique. Ces manifestations ont fait objet de plusieurs interpellations dans les rangs des manifestants. Parmi les leaders religieux, certains dirigeants ont appelé les fidèles à plus de compréhension en respectant les mesures barrières tandis que d’autres les ont considérées comme contraires à l’Islam et ont incité leurs adeptes au non-respect des mesures (La Croix, 2020).

A la date du 20 mars 2021, la situation se décrit comme suit: 4,906 cas confirmés avec 185 décès (Organisation Mondiale de la Santé, 2021).

Un nouveau sondage d'Afrobarometer au Niger révèle que si les citoyens touchés par les mesures de confinement ont eu du mal à s'y conformer, la majorité d'entre eux considèrent que ces restrictions sont nécessaires. La fermeture des écoles est la mesure la moins populaire et, aux yeux de la plupart des Nigériens, a duré trop longtemps.

Le gouvernement attire une approbation majoritaire de sa réaction à la COVID-19 dans son ensemble, mais il est confronté à plusieurs difficultés, notamment le sentiment que l'aide aux ménages a été distribuée de façon inéquitable et que les fonctionnaires volent les ressources allouées à l'assistance aux victimes de la pandémie. La plupart des citoyens affirment que la pandémie ne justifie pas les mesures gouvernementales tendant à restreindre les libertés démocratiques, même temporairement, comme la censure des médias ou le recours à la force pour assurer le respect des consignes de santé publique.

La majorité des Nigériens ne font pas confiance à leur gouvernement pour ce qui est de garantir l'innocuité des vaccins anti-COVID-19, et moins de la moitié d'entre eux affirment qu'ils essaieront probablement de se faire vacciner lorsqu'un vaccin sera disponible. Près de neuf personnes sur 10 préféreraient la prière à un vaccin pour éviter de contracter la COVID- 19.