AD418: Selon les Africains, leurs gouvernements négligent la jeunesse

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Dépêches
2021
418
Gildfred Asiamah, Ousmane Djiby Sambou, and Sadhiska Bhoojedhur

Satisfaire les besoins des jeunes – en matière d'éducation, d'engagement, et de moyens de subsistance – est devenu un principe central des discussions politiques aux niveaux mondial et continental au cours de la dernière décennie. La Charte Africaine de la Jeunesse souligne les droits des jeunes à participer aux processus politiques et décisionnels et invite les États à les préparer en leur fournissant les compétences nécessaires pour ce faire (Union Africaine, 2006). Les Objectifs de Développement Durable (ODD) considèrent les jeunes comme des partenaires essentiels pour la concrétisation de sociétés inclusives et pacifiques (Nations Unies, 2018).

Presque 60% de la population africaine a moins de 25 ans, ce qui constitue d'énormes opportunités et défis (Fondation Mo Ibrahim, 2019). Que seulement 14% des législateurs du continent aient moins de 40 ans souligne l'écart entre la voix des jeunes et leur importance sur le plan du progrès économique et social (Brookings, 2019). Le taux de chômage des jeunes est deux fois plus élevé que celui des adultes dans la plupart des pays africains, et 60% des chômeurs africains sont des jeunes (African Capacity Building Foundation, 2017). Pratiquement la moitié des jeunes Africains ont envisagé d'émigrer, le plus souvent à la recherche d'un emploi (Sanny, Logan, & Gyimah-Boadi, 2019).

Les résultats des derniers sondages d'Afrobarometer dans 18 pays mettent en lumière les défis auxquels sont confrontés les jeunes Africains. Les jeunes citoyens estiment ne pas recevoir le soutien dont ils ont besoin de la part de leurs gouvernements – et leurs aînés sont du même avis. Les jeunes Africains ont fait des progrès considérables en termes de succès académiques, mais ils restent confrontés à d'énormes disparités en termes d'emplois rémunérés, de sorte que la création d'emplois est la question la plus cruciale à l'ordre du jour à leurs yeux. Si les jeunes et les citoyens plus âgés sont favorables à des efforts plus énergiques de la part des gouvernements en faveur des jeunes, ils reprochent à leurs gouvernements leur incapacité à répondre à ces besoins.

Les Africains de tous âges semblent comprendre que si les jeunes souffrent et sont incapables de se créer des moyens de subsistance productifs, il ne s'agit pas seulement d'un « problème des jeunes » mais d'un « problème de la société ». Cependant, même si leurs aînés soutiennent un programme pro-jeunes, la jeunesse africaine pourrait faire davantage entendre sa propre voix dans les processus d'élaboration des politiques (Kuwonu, 2017; Resnick & Casale, 2011). Les jeunes Africains sont beaucoup moins susceptibles de voter que leurs compatriotes plus âgés, et ils sont également généralement moins engagés dans les processus politiques au quotidien. Les États africains ont été incapables de faire participer efficacement les jeunes à la gouvernance et aux processus décisionnels (Union Africaine, 2017), mais les jeunes eux-mêmes pourraient bien trouver des moyens – notamment en votant – de se faire entendre dans la conception des politiques et des programmes visant à surmonter les obstacles auxquels ils sont confrontés.