AD409: Les Gabonais accusent l’exploitation forestière et minière d’exacerber le conflit homme-faune

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Publications conjointes/partenaires
2020
409
Boris Cabral Wakongo Nzamba et Stéphane Ondo Zé

La cohabitation entre l’homme et la faune sauvage a toujours été conflictuelle pour des raisons d’occupation de l’espace et d’accès aux ressources naturelles (FAO, 2020). Cependant, on observe depuis quelques années une recrudescence des tensions dans le partage de l’espace entre la faune et les êtres humains. Deuxième vaste étendu de forêts tropicales dans le monde, le bassin du Congo situé en Afrique Centrale n’échappe pas à cette problématique. Selon un rapport de l'Union Européenne (2017), les conflits homme- faune sont devenus légion en Afrique Centrale (L’Union, 2018).

Au Gabon, depuis de nombreuses années, le conflit homme-faune prend des proportions inquiétantes. Les plantations des communautés villageoises sont régulièrement ravagées par des éléphants, et certains villages enregistrent des incursions récurrentes de ces pachydermes (Ivembi, 2018). Le gouvernement avec la collaboration des organismes internationaux et certaines organisations de la société civile a entrepris de trouver des solutions pour gérer cette question.

Déjà en 2016, inspiré par les méthodes kényanes, le Gabon avait lancé le Plan National de Gestion du Conflit Homme-Faune (PNGCHF). Celui-ci consiste à construire des barrages électriques autour des 11 parcs nationaux dont la présence est souvent mise en avant pour expliquer l’exacerbation du conflit homme-faune dans ce pays (Ngounou, 2019). La Banque Mondiale a mis à la disposition du Gabon un budget de 9,5 millions de dollars afin d’explorer des stratégies et des innovations visant à réduire les conflits humains-espèces sauvages (Ella & Xinhua, 2017), et l’État gabonais a lui-même inscrit pour la première fois une ligne budgétaire dans la loi des finances 2020 destinée à ce conflit.

Les résultats de la dernière enquête Afrobarometer montrent que les Gabonais affirment que le principal facteur qui favorise le conflit homme-faune est l’activité économique, notamment forestière et minière, plutôt que la présence des parcs nationaux. Cependant, plus de la moitié des sondés reconnaissent ne pas avoir entendu parler du conflit homme- faune.