AD377: Face à la montée du terrorisme, les Burkinabè accepteraient des restrictions de libertés pour plus de sécurité

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Dispatches
2020
377
Agnès Kaboré et Augustin Loada

Depuis 2015, le Burkina Faso fait face à des attaques terroristes dont le bilan s’élève à environ 2,000 personnes tuées, tant parmi les forces de défense et de sécurité que parmi les populations civiles. Selon International Crisis Group (2020a, b), depuis la première attaque revendiquée par un groupe jihadiste en octobre 2015, plus de 550 attaques ont été répertoriées. Environ 1 million de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays; des écoles sont fermées dans les régions du Sahel et de l’Est; et des infrastructures publiques sont désertées ou détruites. En outre, la guerre imposée par les groupes terroristes qui ont recruté au sein des communautés locales met à rude épreuve la cohésion nationale.

C’est dans ce contexte qu’il a été demandé aux citoyens burkinabè lors de la dernière enquête Afrobarometer, menée en décembre 2019, d’exprimer leurs perceptions par rapport à leur sécurité personnelle et plus généralement par rapport à la sécurité du pays.

Les résultats de l’étude montrent que la grande majorité des Burkinabè ne craignent pas les violences entre habitants de quartiers. Toutefois, par rapport en 2015 et 2017, moins de citoyens se sentent en sécurité dans leurs quartiers ou dans leurs maisons. En effet, les crimes et délits constatés par la police nationale ou la gendarmerie nationale ont plus que doublé entre 2017 et 2018, passant de 4.929 à 10.215 (Ministère de la Sécurité, 2019).

Tout comme en 2017, les Burkinabè, pour obtenir la sécurité, sont disposés à sacrifier leur liberté de circuler et de communiquer sans être écoutés, et à accepter la surveillance et l’encadrement des prédications dans les lieux de culte. Ils demeurent également favorables aux initiatives locales de sécurité ainsi qu’à la présence de troupes étrangères sur le sol burkinabè, estimant qu’elles sont une bonne chose pour la sécurité du pays.