Les Burkinabè sont prêts à sacrifier quelques-unes de leurs libertés pour la sécurité

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Face aux menaces sécuritaires, la plupart des Burkinabè sont favorables à certaines restrictions de leurs libertés si cela s’avère nécessaire pour assurer leur sécurité, selon une nouvelle enquête d’Afrobarometer.

En grande majorités, les citoyens affirment qu’en cas de menace à la sécurité publique, le gouvernement devrait pouvoir imposer des couvre-feux et installer des barrages routiers pour empêcher les gens de se déplacer, surveiller les communications privées pour s'assurer que personne ne prépare des actes de violence, interdire la diffusion de tout discours de haine, et réguler ce qui se dit dans les lieux de culte.

Ces avis semblent soutenir l’approche du gouvernement burkinabè qui, face à l’épreuve du terrorisme, a voté des lois restrictives de libertés comme l’état d’urgence, le couvre-feu dans certaines zones du pays, l’interdiction de publier « des images des attaques contre les forces de défense et de sécurité et les victimes de crimes de terrorismes », et la répression des « atteintes au moral des troupes engagées dans la lutte contre le terrorisme ». Dans le débat public, les partisans de ces restrictions estiment que la sécurité est la première des libertés, tandis que certains défenseurs des droits de l’homme émettent des inquiétudes, craignant un basculement des dirigeants politiques dans l’autoritarisme et pointant un risque d’instrumentalisation de ces lois restrictives pour bâillonner des critiques ou des adversaires politiques.