PP45: La municipalité au Bénin: Une institution garante de développement durable?

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Documents de politiques
2018
45
Romaric Samson et Richard Houessou

Après l’échec des systèmes centralisés, la majorité des états africains ont opté autour des années 1990 pour la décentralisation pour assurer la fourniture des services de qualité à leurs citoyens (Anago, 2009). De façon théorique, la décentralisation consiste à retirer certaines compétences à l’état central pour les transférer au niveau local et à des organes élus. Dès lors a été introduit le concept de gouvernance local dont la mise en œuvre concrète suppose que chacun des acteurs appréhende correctement le cadre institutionnel dans lequel il évolue, qu’il connaisse son rôle, ses responsabilités, et les marges de manœuvre.

Au Bénin, depuis la mise en place des premiers conseils communaux et municipaux en février 2003, la décentralisation est devenue pour les différents acteurs à divers niveaux l’un des piliers du processus de développement. Ainsi, une meilleure gouvernance des affaires locales devrait constituer des éléments fondamentaux du processus. En effet, les conseils communaux sont amenés à assumer un certain nombre de fonctions qui étaient assurées par l’état central tels que maintenir l’hygiène dans la commune et dans les marchés, de collecter les patentes sur les vélos et prélever certaines taxes. Afin de contrôler les ressources financières affectées aux structures locales, l’état central a institué en 2008 le Fond d’Appui au Développement des Communes (FADeC) dont le mécanisme consiste en l’allocation des ressources financières aux organes élus à la base.

Malgré la volonté et les décisions politiques prises en faveur du processus de décentralisation, il existe de nombreuses limitations qui font obstacles à la bonne gouvernance dans nos localités. La population locale manifeste un certain mécontentement envers les élus locaux, et le transfert des compétences et ressources de l’état central aux structures locales n’est pas encore totalement effectif. 

Quinze années après les prémices de la gouvernance locale dans nos communes, quelles leçons retenir? Quelles appréciations font les citoyens béninois de ce processus de gouvernance, et quels rôles jouent-ils dans sa mise en œuvre? La décentralisation a-t-elle conduit à impacter les couches vulnérables, c’est-à-dire les plus pauvres? Quelle est l’interaction entre les élus locaux et leurs administrés?

Les données Afrobaromètre au Bénin permettent de capter la perception des citoyens sur certaines activités de l’autorité locale. Les analyses réalisées révèlent que les citoyens désapprouvent majoritairement la performance de leur conseil municipal dans l’entretien des routes et des places de marché local ainsi que le maintien propre de la communauté, et que certains de ces indicateurs se sont détériorés dans le temps. De plus, nous avons trouvé une relation d’une part entre le niveau de confiance au conseil commune et la qualité de la gouvernance locale et d’autre part entre le développement des communes et l’activité de l’autorité locale.

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