AD313: Les milieux d’affaires et politique vus comme le siège d’une corruption croissante au Niger

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Dépêches
2019
313
Adamou Moumouni et Toumane Seyni Amadou

Le phénomène de la corruption est assez ancré au Niger, à en croire Transparency International (2018), qui classe le pays 114ème sur 180 pays. Face à ce fléau, la Haute Autorité de Lutte Contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HALCIA) a été mise sur pied en 2011. Mais malgré ce mécanisme, la corruption gangrène encore le pays, avec 62% des Nigériens qui pensent qu’elle a augmenté, selon la plus récente enquête Afrobaromètre effectuée dans le pays.

Les Nigériens désignent les hommes et femmes d’affaires, les policiers et gendarmes, ainsi que les dirigeants politiques comme les groupes les plus corrompus du pays. A contrario, les chefs religieux, les organisations non-gouvernementales (ONG), et les chefs traditionnels sont les groupes perçus comme les moins corrompus du Niger.

Par ailleurs, les Nigériens sont pessimistes quant à la possibilité du citoyen lambda de lutter contre le fléau, perception qui peut se comprendre quand on constate que la majorité de la population craint des représailles à dénoncer le phénomène. Mais une disparité est vite établie quant à la possibilité qu’a le citoyen à corrompre pour obtenir certains avantages: Les plus nantis sont perçus comme plus capables de faire usage de pots-de-vin que les moins nantis.

Cet état de choses est d’une importance capitale, étant donné que de tels résultats précisent aux décideurs politiques un pan essentiel de leurs défis, avec 57% de leur population qui pensent que le gouvernement lutte mal contre la corruption.

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