AD251: Les Burkinabè assez réticents sur l’abolition de la peine de mort

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Dépêches
2018
251
Augustin Loada

Au Burkina Faso, la peine de mort par fusillade est la première des peines afflictives et infamantes prévue par la loi. Cependant, depuis 30 ans (décembre 1988), le pays n’a plus connu d’exécution de la peine de mort, même si les juridictions continuent de l’appliquer, ainsi que le montrent les condamnations prononcées par les assises criminelles de 2015.

Depuis quelques années, une coalition nationale d’organisations des droits de l’homme plaide pour l’abolition définitive de cette sanction (Comité des Droits de l’Homme, 2018). C’est dans cette perspective que la commission chargée d’élaborer le projet de Constitution censée instituer la future Vème République burkinabè a proposé cette réforme pénale. Des résistances à l’abolition de cette peine capitale ont été notées, surtout dans un contexte de montée de l’extrémisme violent et de l’insécurité. Au nombre de leurs arguments figure l’idée selon laquelle la peine de mort serait un bon moyen de dissuasion contre le crime. Mais la commission constitutionnelle a fini par arracher un consensus en son sein et remis au président du Faso un projet de Constitution dont l’adoption aura pour conséquence l’abolition légale de la peine de mort. 

Les résultats de la plus récente enquête d’Afrobaromètre démontrent l’ampleur des efforts à consentir pour convaincre l’opinion burkinabè du bien-fondé de cette réforme pénale. La majorité des Burkinabè interrogés pensent que la peine de mort a un effet dissuasif et qu’elle devrait être conservée par la loi pour les personnes qui commettent des crimes violents comme le meurtre, le viol, ou les attaques à main armée. La majorité des Burkinabè rejettent par ailleurs l’affirmation selon laquelle il n’y a aucun crime qui peut justifier la peine capitale.

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